Le sentiment de fer de Jean-Philippe Jaworski

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Quatrième de couverture : 

« J’ai quand même un ragot à vous servir, et du lourd ! Figurez-vous que ce n’est point avec moi que les elfes ont commencé à grenouiller dans les affaires de l’État. Bien loin de là ! Il y a deux bons siècles déjà, au moment de l’Émancipation de Ciudalia, ils nous ont joué un tour à leur façon. Et les marles en tâtent tellement pour la barabille que l’un d’entre eux, sans même pointer son joli minois dans notre belle cité, nous a tous jetés dans une sacrée flanche ! Jugez-en par vous-même. »

Editeur : Les Moutons électriques, collection Hélios

Nombre de pages : 208

Prix : 7,90€

Date de publication : 5 Mai 2015

Mon Avis : 

Si vous me suivez depuis un moment, vous n’êtes pas sans savoir que Jean-Philippe Jaworski est mon auteur de Fantasy français et de loin! Puisque tous ses ouvrages ont été irrémédiablement des coups de coeur! Oui enfin ça, c’était sans compter ma lecture du recueil de nouvelles Le Sentiment de fer qui malheureusement n’a pas du tout remporté mes suffrages!

Ce recueil comprend cinq nouvelles se déroulant toutes dans l’univers emblématique de Jaworski, celui du Vieux Royaume. On retrouve des noms géographiques connus comme la ville de Ciudalia ou le royaume de Ressine ainsi que des personnages récurrents : je ne suis pas certaine que le narrateur de la première nouvelle Le sentiment de fer soit Benvenuto Gesufal de Gagner la guerre (son nom n’est jamais mentionné même s’il possède la même verve), en revanche, Annoeth de la seconde nouvelle L’elfe et les égorgeurs, est apparu dans Gagner la Guerre et Le conte de Suzelle dans Janua Vera.

Alors, je vais commencer par râler un peu (cela faisait longtemps!). Je n’adhère pas du tout à l’édition bon marché, les Moutons Électriques m’ont habitué à mieux. Sa couverture en couleur sépia n’est pas des plus esthétiques, la reliure collée s’est déjà abîmée au bout d’une seule lecture (une page menace même de se détacher) et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’espace est rentabilisée au maximum car il n’y a aucune page en trop!

En ce qui concerne les cinq nouvelles, elles me sont apparues bien inégales. Si le talent de conteur et la plume de qualité de Jean-Philippe Jaworski sont bien au rendez-vous, d’autres aspects m’ont davantage déçu :

– Dans le Sentiment de fer, une mission est confiée à Cuervo Moerva, membre de la Guilde des Chuchoteurs. Il doit en effet dérober un livre précieux au sénateur Rapazzoni. L’action est toujours au rendez-vous mais au moment de la chûte de la nouvelle, j’ai eu un sentiment de déjà-vu surtout après avoir lu Gagner la guerre et la nouvelle Mauvaise donne de Janua Vera.

– Dans L’elfe et les Egorgeurs, le barde Annoeth arrive affamé dans un petit bourg dont la population a tout simplement été massacrée par des mercenaires. La bande de pilleurs et d’égorgeurs se trouvent encore sur place lorsque l’elfe demande leur hospitalité. Cela fait toujours plaisir de retrouver des personnages récurrents dans l’univers de Jaworski mais la chûte m’a un peu déçue, je l’ai trouvé un peu « facile ».

– Dans Profanation, Sabaude, un détrousseur de cadavres, se retrouve à prouver son innocence devant un juré de prêtres du culte du Desséché. Il s’agit sans doute de ma nouvelle préférée du recueil. J’ai adoré la morgue et la mauvaise foi avec lesquelles Sabaude s’est défendu devant ses juges! Excellent!

– Dans Désolation, un groupe de nains aux noms inprononçables doivent faire passer leur cargaison grâce à leurs gnomes-esclaves, en passant par la cité souterraine de Wyrmdale. Or, la cité a la réputation d’être dangereuse surtout depuis qu’un dragon y a élu domicile et dort en protégeant son trésor. Difficile de ne pas voir dans cette nouvelle un hommage à la Désolation de Smaug, personnage emblématique du Hobbit de Tolkien. Oui, mais voilà! La nouvelle d’une soixantaine de pages m’a paru longue, beaucoup trop longue et un poil classique.

– Dans La Troisième hypostase, Lusinga est une mortelle de cent-dix ans qui en paraît quarante. Elle est en effet l’élève du mage Gilliomer de qui elle a reçu ce don. Mais, sur l’île de Llewynedd où elle réside, arrive une grande menace. Le récit fait encore une fois référence à Tolkien (le départ des Elfes du port de Llewynedd m’a fait penser à celui des Elfes des Havres Gris, dans le Seigneur des Anneaux). Je ne vais pas vous mentir : je n’ai pas compris la chûte de la nouvelle.

En conclusion, Le sentiment de fer est une véritable déception pour moi et jamais, je n’aurais pensé qu’un jour, j’aurais écrit cela sur mon blog, adorant par dessus tout le travail de Jean-Philippe Jaworski. Oui, mais voilà! L’édition de piètre qualité, un ensemble un peu brouillon sur l’univers du Vieux Royaume, certaines nouvelles soit classiques dans leur traitement, soit avec une chûte décevante, auront eu raison de mon enthousiasme. Dommage car le style d’écriture de l’auteur vaut encore une fois le détour.

Autres avis : Apophis (L’elfe et les égorgeurs), BoudiccaL’épaule d’Orion, L’ours inculteXapur

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23 réflexions sur “Le sentiment de fer de Jean-Philippe Jaworski

  1. Je te rejoins sur l’édition qui était pour le coup franchement limite :s Par contre j’ai beaucoup aimé les nouvelles Désolation et La troisième hypostase 🙂 (le recueil ne vaut en tout cas pas Janua Vera, nous sommes d’accord^^)

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      1. C’est un truc marrant. Je n’ai pas aimé Janua Vera plus que ça, à part évidemment la nouvelle Mauvaise donne, alors qu’il est unanimement considéré comme génial. Et en fait, je lui préfère Le Sentiment du fer. C’est quelque chose que je ne m’explique absolument pas. J’ai du complètement passé à côté de Janua Vera.

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  2. J’avais démarré le sentiment du fer avec le sentiment (ça tombe bien) que j’allais passer un bon moment d’autant plus qu’il était super court. J’ai tenu quelques pages, dépassé par le niveau de langage et la complexité du thème. Je n’avais rien lu d’autre de l’auteur et cela m’a refroidit dans l’idée de lire Gagner la guerre. Mais je dépasserai cet à priori. Bon au moins je sais que je ne dois pas avoir trop d’attentes sur celui là et que mon premier échec n’est peut-être pas uniquement dû à mon ignorance ^^ Merci pour ton retour !

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    1. De rien ! En fait, le seul et unique livre pour lequel j’ai un sentiment mitigé, c’est celui-ci justement ! J’ai adoré les autres. Si tu n’as pas encore lu Gagner la guerre, je te conseille de débuter par Janua Vera.

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