L’appel des grands cors (Tome 3) de Thibaud Latil-Nicolas

Quatrième de couverture : 

Le Bleu-Royaume n’a jamais été aussi menacé. Pourtant, face à l’ennemi qui les met en péril, les grands seigneurs sont incapables de lui opposer un front uni. Dispersés dans des entreprises contraires, les royaumes des hommes tentent de nouer des alliances fragiles tandis qu’ailleurs, des hordes de créatures d’encre déferlent sur les contrées, ravageant villes et villages. Le chaos s’empare du pays et le culte d’Enoch, loin de rassembler les peuples, les dresse les uns contre les autres.
Seuls les Chevauche-brumes seraient capables d’opposer une résistance efficace contre le chaos qui s’empare du pays. Mais leurs forces suffiront-elles ? 

Editeur : Mnémos

Nombre de pages : 464

Prix : 21,00€

Date de publication : 19 Mars 2021

Mon Avis : 

Après avoir eu un énorme coup de coeur pour le tome précédent, Les flots sombres, j’avais grand hâte de connaître le dernier tome de la trilogie de Thibaud Latil-Nicolas, L’appel des grands cors. Et à ce titre, je remercie Estelle Hamelin ainsi que les éditions Mnémos pour m’avoir envoyée ce Service Presse. J’ai encore une fois adoré ma lecture et pour ma part, ce dernier tome achève brillamment  la trilogie. 

Avertissement : je vous conseille d’avoir lu les deux premiers tomes de la trilogie avant de poursuivre la lecture de cette chronique. En effet, je risque de révéler des éléments importants de l’intrigue des tomes précédents. 

La situation est critique au Bleu-Royaume : la victoire remportée contre le monstre marin dans la Mer Pastidienne est des plus éphémères. Et les Mélampyges, créatures cauchemardesques malencontreusement libérées de la Brume, continuent de faire des ravages dans le Nord et se dirigent désormais vers le Royaume de l’Eterland. 
Comme si cela ne suffisait pas, Bleu-Royaume est en proie à l’instabilité politique. Au sud, dans la capitale Antinéa, l’ambitieux prêtre du culte d’Enoch, Juxs a réussi à se débarrasser du protecteur du jeune Roy Téobane et à soumettre ce dernier sous son influence. Bleu-Royaume a sombré dans la théocratie et Juxs devenu Enochdil posséde désormais le pouvoir. N’ayant pas cru les Chevauches-Brumes au sujet des Mélampyges, il les a tout bonnement décrété hérétiques et a décidé de lever son armée en direction de la ville de Barberon pour arrêter et envoyer au bûcher les  mercenaires récalcitrants.
Entre temps, le jeune mage Jerod a décidé de remonter vers le désert des cendres dans le Nord en compagnie de Varago, Barbelin et Théclin. Atteint du mal noir, il ne peut plus faire appel au pouvoir des Anciens. Mais, il a eu des visions et il est persuadé que la réponse à la lutte contre les Mélampyges se trouve à la Cathédrale noire.  

Un tome aux tonalités plus militaire et épique…

Si Les flots sombres avait eu droit à sa bataille navale contre le monstre marin dans la Mer Pastidienne, ce tome était surtout beaucoup plus politique. En effet, il faisait davantage état de luttes de pouvoir entre le temporel (représenté par le protecteur du Roy Téobane, Poltrick de l’Escoit) et spirituel (l’Enochdil et Juxs) à Antinéa.
Dans L’appel des grands cors, l’ambiance est au contraire beaucoup plus militaire. Juxs a réussi à suffisamment influencer le jeune Roy pour prendre le pouvoir et imposer une théocratie. Mais surtout, il va faire un certain nombre d’erreurs qui va compromettre la paix au sein de son propre Royaume et l’équilibre avec ses vassaux

  • Il décide de remanier son armée en donnant plus de pouvoir aux représentants du Culte d’Enoch : chacune de ses légions sera désormais bicéphale entre un légat d’origine noble et un second d’origine religieuse (par exemple, la Légion Sacrifice est commandée par le légat De Lancenys, un marquis désargenté et le légat Gousier, un moine membre des ordres de Brontée au service des indigents). Or, la coexistence entre militaires de métier et représentants du Culte ne va pas se faire sans heurts et ces dissensions vont mettre à mal la cohésion de l’armée de 60000 hommes. 
  • Ensuite, Juxs refuse de croire à l’existence des Mélampyges et préfèrent déclarer les Chevauche-Brumes qui les combattaient, hérétiques. Il décide donc de mener son armée aux portes de Barberon pour se faire remettre les mercenaires. Or, les choses ne se déroulent pas comme prévues et la cité portuaire est mise à sac ce qui compromet la sécurité et la paix au sein de Bleu-Royaume. 
  • Enfin, il se met à dos les deux vassaux de Bleu-Royaume : au nord-est, l’Eterland et au sud-est, le Longemar. Les trois forces vont alors s’affronter lors d’une bataille finale à la frontière, aux environs de Ferbourg. Et là, je dois dire que j’ai été très impressionnée par les descriptions de Thibaud Latil-Nicolas qui arrive non seulement à rendre la bataille très visuelle mais aussi à rendre vivants et palpables les sentiments des soldats enrôlés, partagés entre la peur, la fureur ou la camaraderie. 

… qui possède encore une fois de nombreuses qualités.

J’ai de nouveau retrouvé dans ce tome, les qualités des opus précédents qui avaient rendu ma lecture des plus agréables : 

  • Il me paraît important de le signaler (et je souhaiterais vraiment que cela soit adopté par un plus grand nombre de maisons d’édition) mais lorsque l’on a affaire à une saga à l’intrigue complexe et à de multiples personnages (plus d’une quarantaine pour cette trilogie), la présence d’un résumé des tomes précédents et un dramatis personae est vraiment salvateur donc un grand merci aux éditions Mnémos de l’avoir fait. 
  • Un style d’écriture toujours aussi remarquable. La plume de Thibaud Latil-Nicolas est belle et poétique : il emploie de nombreuses figures de style comme des métaphores pour la fonte des neiges sur une montagne par exemple ou la personnification qui rend vivant (et monstrueux) certaines armes de guerre. Son vocabulaire est également très précis lorsqu’il s’agit de décrire des équipements militaires (armures et armes) comme il l’avait fait pour les bateaux dans le second tome. Cela prouve donc que l’auteur a dû encore une fois beaucoup se documenter pour rendre crédible son récit. 
  • Les personnages sont toujours aussi attachants : ils ont beau être nombreux, ils sont tous reconnaissables grâce à leurs traits de caractère (qualité et défaut compris). Thibaud Latil-Nicolas arrive aussi à les nuancer que l’on soit du côté d’Antinéa, des Chevauche-brumes ou de l’Eterland. Même des personnages peu amènes comme l’ancien intendant Esquiche-Poussière trouve une nouvelle forme de rédemption dans ce tome et l’on se surprend à avoir de l’empathie à son égard. D’ailleurs, gare à ne pas trop s’attacher aux personnages car l’auteur les malmène dans ce tome et nombre d’entre eux ne s’en sortiront pas indemnes.
    Quant aux personnages féminins, elles ne sont pas non plus épargnées par le sort mais nombre d’entre elles se démarquent par leur pugnacité ou leur intelligence. On peut ainsi citer la Doryacte Dambline qui va prendre de l’importance ou un nouveau personnage Emélia, l’héritière de Ferbourg. Cette dernière bien que handicapée par un pied bot, va faire preuve d’une force et d’une intelligence hors du commun et va forcer le respect des hommes qui l’avaient sous-estimé.  

Emélia : 

J’affiche mes faiblesses et cette volonté de ne point dissimuler mes failles m’honore. Essayez de voir les choses de cette façon si vous sentez l’estime que vous avez pour vous flancher. C’est par ailleurs une chose amusante, vous ne trouvez pas? Ceux qui ont loisir de camoufler leurs faiblesses sont toujours prompts à rendre ceux qui se débattent honteux de leur forces… (p. 376)

En conclusion, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup apprécié cette lecture qui clôt magistralement cette trilogie des Chevauche-brumes. D’une tonalité plus militaire, ce dernier opus possède de grandes qualités : un style d’écriture précis et poétique, des personnages attachants qui forcent le respect par leur camaraderie et leur vaillance mais aussi une intrigue maîtrisée qui donne lieu à de grands moments épiques notamment lors de la bataille finale aux environs de Ferbourg. J’ignore quels sont les nouveaux projets d’écriture de Thibaud Latil-Nicolas mais je suis certaine d’une chose : je ferai partie de ses lectrices.  

Autres avis : 

Book en stock (Dup)

Célindanae 

Le Bibliocosme : Dionysos et Boudicca

L’Ours inculte

Yuyine

3 réflexions sur “L’appel des grands cors (Tome 3) de Thibaud Latil-Nicolas

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