Golden State de Ben H. Winters

Quatrième de couverture : 

Imaginez que mentir soit puni par la loi. D’être obligé de consigner par écrit vos faits et gestes quotidiens pour preuve. Bienvenue dans le Golden State, une Californie alternative et souveraine qui a décidé de placer ses habitants sous haute surveillance… avec leur propre bénédiction. Laszlo Ratesic fait partie du Service Spéculatif depuis 19 ans. Il n’est pas un policier comme les autres : son travail consiste à s’assurer que la vérité est respectée en toutes circonstances. Pour cela, il possède un don particulier, une sorte de sixième sens qui lui permet de deviner quand la personne en face de lui ment.
Mais surtout, son service est l’un des rares à pouvoir spéculer, une discipline risquée car flirtant avec le mensonge, afin de mener à bien ses enquêtes. Sa dernière affaire concerne la mort suspecte d’un homme, tombé d’un toit. Aidé pour cela de la jeune recrue Aysa Paige, Laszlo va plonger dans un noud de contradictions et de mensonges qui le poussera à s’interroger sur la nature même du Golden State.

Editeur : ActuSF

Nombre de pages : 432

Prix : 20,90€

Date de publication : 16 Avril 2021

Mon Avis : 

J’avais eu il y a deux ans un immense coup de coeur pour Underground Airlines du même auteur. Aussi, lorsque Jérôme Vincent et les éditions ActuSF que je remercie au passage, m’ont proposée Golden State en Service Presse, je l’ai choisi les yeux fermés sans même lire le synopsis. Bien que j’ai eu un peu de mal à me plonger dans le roman au début, j’ai tout de même apprécié ma lecture.

Mentir à Golden State est considéré comme un crime et peut vous mener droit à la prison, voire pire à l’exil. Laszlo Ratesic est l’un des meilleurs agents du Service Spéculatif : en effet, son expérience et sa sensibilité hors-norme pour détecter les mensonges lui permettent d’être efficace sur le terrain et de participer à la renommée du service. Mais aussi compétent soit-il, il se révèle être également misanthrope et préfère travailler en solo. Aussi, lorsque son patron et ami Arlo lui colle une nouvelle coéquipière Aysa Paige, Laszlo se comporte avec elle comme un « connard » (c’est lui qui le dit!). Or, la jeune femme a du flair et malgré son inexpérience, elle s’avère être brillante. Lorsqu’ils sont envoyés tous les deux sur les lieux d’un accident pour faire la lumière sur toute l’affaire, Aysa repère des anomalies…

Entre Dystopie…

– La Terre est en orbite autour du Soleil. (…)
– Bonjour, répond la femme. Et la Lune est en orbite autour de la Terre.
– Ainsi en a-t’il toujours été. 
– Qu’il en soit toujours ainsi. (p. 15)

Golden State se déroule dans un futur dystopique sur la côte Ouest des Etats-Unis actuels, en Californie d’après le climat. Notre monde actuel n’existe plus et semble même s’être effondré. Or, à Golden State dont le territoire recouvre probablement l’ancienne ville de Los Angeles, une nouvelle société a été bâtie. Et pour conserver son intégrité et sa stabilité, les habitants sont maintenus sous un contrôle extrêmement stricte. Dans ce cadre, il est formellement interdit de mentir sous peine de prison, voire d’exil : une agence spéciale, le Service Spéculatif veille d’ailleurs à ce que les habitants respecte cette règle. La société est ainsi devenue extrêmement codifiée : chaque habitant lorsqu’ils se rencontrent, doit se saluer avec des formules vraies et rationnelles. Il doit également tenir quotidiennement un Carnet de jour dans lequel il consigne toutes ses conversations et les endroits qu’il a fréquentés. A la fin de la journée, il archive ensuite dans des cartons les feuillets du Carnet ainsi que ses justificatifs (tickets de caisse, ticket de cinéma, etc…). A sa mort, ces archives rejoindront le Registre. Cette société très règlementée et bureaucratique m’a beaucoup fait penser au roman 1984 de George Orwell ou au film Brazil de Terry Gilliam, sorti en 1985. 

… et enquête policière…

– « Que ça vous serve de leçon, bande de lopettes! M. Ratesic, ici présent, agrafe des menteurs en flagrant délit dès son petit déj’. »
Ces louanges à mes supposés mérites me valent quelques salves d’applaudissement sarcastiques et un majestueux doigt de la part de Burlington. (P. 29)

Laszlo Ratesic fait partie du Service Spéculatif et grâce à sa sensibilité hors-norme, il est capable de détecter dans une pièce si une personne ment. Et il peut également reconstituer la Vérité, c’est la raison pour laquelle, les agents de ce Service un peu spécial sont nommés par le mot « Spéculateurs ». Bien qu’il permette de maintenir la société en ordre, il ne se substitue pas aux services de police et il n’intervient que si cette dernière fait appel à son service. C’est d’ailleurs le cas lorsque Laszlo et sa nouvelle coéquipière Aysa Paige sont appelés sur un banal lieu d’accident : un ouvrier couvreur est en effet tombé du toit d’une maison sur laquelle il travaillait et il s’est tué. A première vue, il n’y a rien qui puisse justifier l’intervention des Spéculateurs mais, Aysa flaire une anomalie. Si au début, Laszlo est un peu dubitatif, il va vite se laisser convaincre et entamer une enquête. Et cela s’avère payant puisqu’au domicile de la victime, il manque deux semaines dans ses cartons d’archives…  

… un roman avec des qualités et des défauts.

Évidemment, je regrette immédiatement de m’être emporté. 
C’est moi tout craché. Le bon gros M. Laszlo Ratesic du Service, agent tout entier dévoué à la vérité, mesquin, soupe au lait et tête de con. Parfaitement conscient de tous ses défauts et résolument incapable de les corriger. 
« Crétin! Connard! » je m’admoneste en allant examiner l’arrière de la maison (…). (p. 51)

L’univers de Golden State est vraiment bien construit et est très intéressant. Il possède beaucoup de profondeur et j’ai apprécié le découvrir au fur et à mesure de ma lecture. Toutefois, certaines questions demeurent sans réponse. (Attention SPOILER) Et j’aurais voulu par exemple en savoir plus sur l’effondrement de notre société actuelle qui a donné lieu à dès micro-sociétés cantonnées à d’anciennes villes américaines. La plupart s’ignore carrément les unes par rapport aux autres. (Fin du SPOILER) J’aurais également voulu savoir pourquoi la Vérité est-elle autant martelée dans la vie quotidienne des habitants de Golden State? Est-ce qu’au cours de son histoire, la société est tombée dans les affres de l’ignorance et de la superstition pour que les autorités de Golden State fassent du mensonge, un crime? Malheureusement, le roman ne répond pas à toutes ces questions et j’ai trouvé cela dommage. 

Enfin, en ce qui concerne le personnage de Laszlo Ratesic, j’avoue que j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à lui au début du roman. Et je pense que c’est l’une des raisons pour laquelle, je n’ai pas réussi tout de suite à rentrer dans ma lecture. En effet, il est un personnage ambivalent : il est certes compétent et intelligent, mais il se comporte aussi comme un ours mal léché avec ses collègues. Il peut s’emporter très vite sans que cela ne soit vraiment justifié et n’hésite pas à humilier Aysa lorsqu’elle met le doigt sur quelque chose qui ne va pas. Toutefois, ce personnage évolue rapidement au fur et à mesure des péripéties et cela va lui permettre de remettre en question la société dans laquelle il vit. J’ai alors réussi à mieux l’apprécier. 

En conclusion, je n’ai pas eu le coup de coeur que j’avais ressenti pour Underground Airlines. Toutefois, j’ai tout de même apprécié Golden state qui reste un roman intéressant à l’univers soigné et immersif avec un personnage principal haut en couleur et marquant. Dommage que certaines questions restent sans réponse à l’issue de ma lecture et que la conclusion de l’intrigue (un peu ouverte) ne m’ait pas non plus totalement satisfaite. A vous de vous faire votre propre opinion maintenant!

Autres avis :

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10 réflexions sur “Golden State de Ben H. Winters

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