Ormeshadow de Priya Parma #S4F3

Quatrième de couverture : 

Ère victorienne. Angleterre. Les temps sont durs, et les revers de fortune légion. Ainsi en est-il pour Clare et John Belman, contraints de quitter Bath, sa modernité et ses milieux culturels sophistiqués, pour l’antique ferme familiale d’Ormesleep, dans la région d’Ormeshadow. Au regard de Gideon, leur fils unique, c’est le pire des déracinements. D’autant qu’Ormesleep est le domaine de Thomas, son oncle paternel, figure tyrannique implacable, personnage aigre et brutal.
Dans ce nouveau contexte dépourvu d’horizon, alors que les adultes nouent leur propre drame mortel, les fabuleux récits narrés par son père à propos des environs constituent l’unique échappatoire de Gideon. Des récits qui font écho à une légende familiale tenace au sujet d’un dragon endormi sous la falaise, dragon dont l’un des membres de la famille Belman, génération après génération, aurait la garde…
A l’heure où son univers s’écroule, quand fantasme et réalité s’entrechoquent, le chemin qui fera du jeune Gideon un homme s’annonce des plus périlleux.

Editeur : Le Bélial – Collection Heure-Lumière

Nombre de pages : 176

Prix : 10,90€

Date de publication : 8 Avril 2021

Mon Avis : 

Je poursuis ma découverte de la collection Heure-Lumière parue chez le Bélial et pour laquelle j’ai lu environ une vingtaine d’ouvrages déjà (vous pouvez d’ailleurs retrouver toutes mes chroniques grâce au Tag « Collection Heure-Lumière » présent dans la barre de droite de mon blog). Pour en revenir à Ormeshadow qui est à l’heure actuelle, le volume le plus épais de la collection avec 176 pages, je l’ai lu avec mon compagnon pendant nos vacances. Si lui ne l’a pas forcément apprécié en raison de l’aspect trop sombre du récit ; pour ma part, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. 

Au XIXème siècle, en Angleterre, le couple John et Clare Belman a dû quitter Bath précipitamment avec leur fils de sept ans Gidéon pour rejoindre la ferme familiale d’Ormesleep, située dans la région d’Ormeshadow. Le jeune garçon se sent complètement déraciné : lui qui avait l’habitude de fréquenter un milieu citadin, cultivé et préservé, se retrouve catapulté dans un monde à l’opposé de celui qu’il connaissait. Son oncle Thomas est un homme tyrannique tandis que ses cousins ne voient pas arriver Gidéon d’un très bon œil et sont violents avec lui. Pire, il doit quitter l’école pour travailler dans la ferme familiale. Alors pour le rasséréner, son père lui raconte les légendes locales et familiales : dans les temps anciens, un dragon se serait endormi sur leurs terres avec un trésor. Recouvert par la Nature, il attend son heure et son gardien pour se réveiller…

Dans l’Angleterre victorienne…

Lorsque les romans appartenant au genre de l’Imaginaire ont pour cadre la période victorienne (1837-1901), la plupart des récits possède majoritairement un contexte urbain notamment celui de Londres. Dans le cas de cette novella, ce n’est pas le cas : si quelques scènes font référence au passé du couple dans le ville de Bath, l’essentiel de l’intrigue se déroule en milieu rural, dans la région imaginaire d’Ormeshadow. Et là, je dois dire que j’ai été assez impressionnée par le travail de reconstitution des conditions de vie à cette époque par l’autrice : la famille Belman n’est pas considérée comme « pauvre » car elle possède ses propres terres, son corps de ferme, ses meubles et son cheptel de moutons. Pourtant, chaque membre mène une vie rude et laborieuse dans laquelle toute considération intellectuelle n’a pas sa place tandis que le moindre écart pourrait les faire tomber du côté des indigents. Quelques scènes m’ont d’ailleurs fait penser à Tess d’Uberville de Thomas Hardy. 

Des personnages marquants

Dans ce milieu difficile et sombre, évoluent des personnages qui constituent pour moi le principal atout de cette novella. Priya Sharma a parfaitement su les développer psychologiquement au point de me faire ressentir de fortes émotions tout au long du récit, notamment pour Gidéon sur lequel je reviendrai plus bas.
Le personnage le plus marquant est sans aucun doute l’oncle Thomas : tyrannique, violent,  cruel, porté sur la bouteille et jaloux de son frère John qui a préféré faire des études et quitter la ferme familiale pour une meilleure vie à Bath. Il n’hésite pas non plus à s’en prendre à Gidéon car il ressemble beaucoup à son père.
Le jeune garçon n’a pas d’autres choix que de s’adapter à ce nouveau milieu loin des livres qu’il aimait tant. Gidéon est le contraire de son oncle : doux, naïf et rêveur. Pour survivre, il se réfugie dans les contes et légendes que lui racontaient son père lors de leur promenade sur le domaine d’Ormesleep. Il est touchant et montre à quel point l’imaginaire peut avoir une grande place dans la vie d’une personne et l’aider à surmonter les épreuves quand la réalité est trop dure. 

Un récit teinté de fantastique

L’aspect fantastique ne constitue pas le coeur principal du récit. Il apparaît en filigrane que ce soit dans le nom de la région imaginaire d’Ormeshadow ou dans les contes racontées par John à son fils. Les toponymes Ormeshadow ou Ormesleep signifient littéralement « L’ombre de l’Orme » et « Le sommeil de l’Orme », l’Orme désignant un dragon. Selon la légende familiale, il fût un temps où dragons et humains cohabitaient. Mais, après une bataille sanglante, une dragonne blessée serait venue se reposer dans la région et aurait rencontré un aïeul de la famille Belman. Elle en aurait alors fait son gardien puis se serait ensuite endormie pendant des siècles, la Nature l’ayant ensuite recouverte. Une prophétie raconte qu’elle se réveillera un jour lorsque son gardien viendra la retrouver.
La fin fait vraiment basculer la novella dans le registre du fantastique car elle est sujette à une double interprétation. Attention SPOILER : le dragon a-t’il vraiment existé et s’est envolé en ravageant les terres sous lesquelles il était endormi? Ou une catastrophe naturelle a t’elle détruite Ormesleep? Fin du SPOILER

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié Ormeshadow pour sa reconstitution du contexte historique et socio-économique de la société victorienne en milieu rural mais aussi pour ses personnages bien développés et marquants. Cette novella possède également une écriture d’excellente qualité ainsi qu’une intrigue bien menée avec des rebondissements surprenants. Bref, je la recommande.

Autres avis : 

Célindanae

Le Bibliocosme (Boudicca)

L’épaule d’Orion

Yuyine

Cette Novella participe au Challenge #S4F3

6 réflexions sur “Ormeshadow de Priya Parma #S4F3

  1. J’ai beaucoup aimé aussi et j’ai parfois pensé comme toi à Thomas Hardy. C’est l’un de mes Une Heure Lumière préféré à l’heure actuelle 🙂

    Aimé par 2 personnes

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