Le club des Punks contre l’Apocalypse zombie de Karim Berrouka

Quatrième de couverture : 

Paris n’est plus que ruines. Et le prix de la cervelle fraîche s’envole. Heureusement, il reste des punks. Et des bières. Et des acides. Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge. Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse. Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie… Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos !

Editeur : ActuSF

Nombre de pages : 416

Prix : 18,00€

Date de publication : 4 mai 2016

Mon Avis : 

Même si j’ai lu ou vu les classiques du genre sur la thématique zombie (28 jours plus tard, Shaun of the dead, Walking dead ou World War Z), ce genre qui s’inscrit dans le Post-Apocalyptique n’est pourtant pas très représenté sur mon blog. Aussi, ai-je décidé de créer une étiquette « Zombies » pour que vous puissiez retrouver dans la colonne de droite les chroniques afférentes. Pour en revenir à l’ouvrage de Karim Berrouka, c’est Célindanaë qui m’a donné envie de le découvrir même si à l’origine, je ne suis pas toujours très fan des romans SFFF humoristique. Et bien devinez quoi? J’ai adoré!

Eva, Mange-Poubelle, Kropotkine, Deuspi et Fonsdé sont des Punks qui squattent le collectif du 25, Rue des cataractes à Paris. Ils sont complètement déjantés et passent leur temps à s’envoyer des bières et de la drogue sous fond de musique punk. Or un jour, les choses ne se déroulent pas comme prévues car des bouffeurs de viande humaine font leur apparition. Pas de quoi contrarier nos héros, ils s’adaptent en essayant de ne pas se faire attraper par les zombies et continuent leur mode de vie comme si de rien n’était. Enfin presque parce qu’ils sentent qu’il est temps tout de même d’afficher au grand monde leurs idées anarchistes! Et quoi de mieux que de planter un drapeau noir sur la Tour Eiffel et faire passer en boucle sur les chaînes de France Télévision leur musique Punk? 

Un roman Post-Apocalyptique…

Le Club des Punks contre l’Apocalypse zombie se déroule à notre époque et une étrange maladie transforme les humains en zombies (le lecteur n’en connaîtra pas l’origine mais ce n’est pas le propos du roman). Si leur corps est mort et leur cerveau pas très vivant non plus, ils gardent leurs instincts encore bien réactifs que ce soit pour manger son prochain ou être réceptifs à la musique. Leur traitement est assez classique puisqu’ils se présentent comme des êtres décérébrés, se meuvent avec une certaine lenteur et dégagent une odeur pestilentielle. Inutile de dire que cette maladie provoque la fin de notre société puisque 98% de l’humanité a péri et que les gouvernements n’existent plus. Toutefois, pour les quelques survivants dont nos Punks, ils ont réussi à mettre en place des mécanismes de défense contre ces envahisseurs ragoûtants : s’enrubanner de vêtements épais pour éviter les morsures, porter les tripes de personnes mortes pour ne pas se faire repérer, ne pas faire de bruit ou se cacher derrière les hauts murs du château de Vincennes…

… bourré d’humour et complètement déjanté…

Si le thème du Zombie en lui-même est assez classique et correspond à celui que l’on retrouve dans les œuvres du même genre, l’ouvrage de Karim Berrouka se démarque surtout pour son côté complètement décalé et politiquement incorrect! Les Punks réagissent à contre-courant de ce qu’un humain devrait faire face à un zombie, c’est à dire paniquer, crier, se cacher, etc… Non, nos Punks eux continuent leur vie exactement comment elle était tout en s’amusant avec les Zombies qui s’approcheraient un peu trop près du Collectif du 25 et en se vengeant de policiers cachés non loin de là. Au lieu de fuir et de tenter de survivre, ils ont l’idée fixe de planter un drapeau noir à l’effigie de l’Anarchie et de pirater les chaînes de France Télévisions! Nos symboles culturel et capitaliste sont également bien égratignés que ce soit la pauvre Joconde de Léonard de Vinci donnée à manger à des tortues ou un Mickey – zombie roué de coups à Disneyland Paris! En revanche, là où j’ai eu plus de mal, ce sont les délires new age et mystique complètement déjantés qui apparaissent dans les visions de nos Punks. On va dire que cela participe à l’ambiance!

… qui égratigne notre société. 

Karim Berrouka profite de son roman pour balancer sur notre société actuelle et c’est assez drôle :

  • Le patronat en prend pour son grade : en effet, ce sont les patrons du MEDEF qui parviennent grâce à leur force (et à leur violence!) à se réorganiser. Ils imposent alors une sorte de ploutocratie patriarcale dans laquelle les dirigeants sont tous des hommes blancs. Très inégalitaire et liberticide, elle s’appuye sur l’exploitation d’autrui que ce soit sa force de travail (les survivants sont ainsi attirés au Château de Vincennes pour servir d’esclaves) ou son corps (les femmes survivantes servent de prostituées).
  • La police : les Punks autrefois victimes de violences policières se vengent donc sur elle en jouant avec les zombies et faisant en sorte que ces derniers mangent les policiers. 
  • Les médias : les Punks se rendent dans les studios de France Télévision pour changer les programmes. Or quelle ne fut pas leur surprise de trouver outre une Christine Boutin ou les frères Bogdanov zombifiés, des mort-vivants complètement absorbés par la télévision, tellement qu’ils en oublient de manger les humains!

En conclusion, Le Club des Punks contre l’Apocalypse zombie m’a complètement bousculé dans mes habitudes de lectures que ce soit par la présence de zombies pas vraiment représentés sur mon blog mais aussi l’humour (je ne lis jamais de romans SFFF humoristique) ou la culture punk anarchiste. Karim Berrouka s’en prend pour notre plus grand plaisir à des symboles forts de notre société occidentale que ce soit le patronat, le capitalisme, la police ou les médias. Si j’ai moins aimé les délires mystiques des prophéties des Punks complètement à côté de la plaque, j’ai tout de même beaucoup apprécié ma lecture qui m’a fait prendre une bouffée d’air frais dans notre actualité pesante. 

Autres avis :

Boudicca

Célindanae

L’ours inculte

Le chien critique

Lhotseshar

Ombrebones

Yuyine

 

12 réflexions sur “Le club des Punks contre l’Apocalypse zombie de Karim Berrouka

  1. Merci pour le lien ! Comme toi ce roman m’a bousculé au départ vu que je ne suis pas très zombie et j’ai été surprise de l’apprécier autant. Par contre je n’ai plus jamais vraiment adoré un roman de l’auteur après celui-ci ^^’ L’humour en SFFF c’est délicat.

    Aimé par 1 personne

  2. Berrouka est un auteur qui dégomme tout sur son passage et ça déstabilise toujours autant que ça fait du bien. Je te conseille la découverte de Le jour où l’humanité a niqué la fantasy, ne serait-ce que pour son passage aux Imaginales.

    Aimé par 1 personne

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