Veggy vs Zombies de Lydie Wallon

Quatrième de couverture : 

Le monde d’Erin a basculé avec l’arrivée des zombies. Sauf que ces derniers ne sont pas tous des buveurs assoiffés de chair humaine… Certains sont tout à fait fréquentables même si le débat fait rage pour les inclure dans la société. Les discriminations à leur égard sont bien réelles. Et pour Erin, ces discussions ont une importance particulière. Revisitant avec brio la thématique des zombies en les ancrant dans des thématiques très actuelles, Lydie Wallon nous propose un excellent premier roman.

Editeur : ActuSF – Naos

Nombre de pages : 406

Prix : 18,90€

Date de publication : 18 Février 2022

Mon Avis : 

Je ne lis pas beaucoup de romans sur les zombies. Aussi quand les éditions ActuSF que je remercie au passage, m’ont proposé leurs services presse en Janvier et en Février, j’ai pris les deux romans qui avaient cette thématique : le complètement déjanté et excellent Club des punks contre l’Apocalypse zombie de Karim Berrouka et Veggy vs Zombies de Lydie Wallon. J’ai été très agréablement surprise par ce dernier roman. 

Deux ans auparavant, le monde a subi une terrible pandémie tuant les deux tiers de l’Humanité. Erin est morte à ce moment-là et a ressuscité sous forme de zombie. « Heureusement » pour elle, elle a été classée en catégorie 1 c’est à dire qu’elle a encore toutes ses facultés et n’a pas goûté à la chair humaine. Elle a donc pu être réinsérée dans la société mais ses droits sont considérablement restreints. La jeune femme a alors vu tous ses rêves s’effondrer : elle qui rêvait d’être journaliste, ne peut plus quitter la région parisienne. Bref, elle mène une vie des plus solitaires jusqu’à ce qu’elle rencontre par hasard Kyan, un jeune homme de son âge…

Un roman dystopique…

Une pandémie arrivée il y a deux ans, cela devrait vous paraître terriblement familier. Sauf que le roman de Lydie Wallon était déjà paru (ou autoédité) en avril 2020 sous un autre titre Échanges culinaires. Toutefois, il est possible qu’à l’occasion de sa parution dans la collection Naos chez ActuSF, le texte ait été remanié à la lueur de l’actualité.

Pour en revenir à son roman avec un tout nouveau titre Veggy vs Zombies, il s’inscrit dans un contexte dystopique : en effet, l’Humanité a sombré deux ans auparavant se réduisant à son seul tiers. En cause, une viande infectée a provoqué une maladie et a changé les Humains en zombies. Ces derniers ont alors été classés en fonction de leur dangerosité :

  • Pour les plus atteints notamment ceux qui ont goûté à la chair humaine et qui sont enragés, ils ont été classés en Catégorie 3. Ils ont été tout bonnement éliminés par tous les pays du monde car ils sont irrécupérables.
  • Ceux classés en catégorie 2 ont encore conscience de leur humanité mais ils restent dangereux. Ils sont donc enfermés en France en attendant que leur situation évolue soit en catégorie 3 (auquel cas, ils sont éliminés), soit en catégorie 1. 
  • Enfin, ceux de la catégorie 1 sont considérés comme plus sociables et ils n’ont jamais goûté à la chair humaine : ils sont donc réinsérés dans la société mais étroitement surveillés. Seuls quelques pays l’ont fait dont la France. Leurs droits sont désormais très limités et ils subissent une discrimination. 

Il n’existe pas de vaccin contre cette maladie mais l’Humanité a pallié à la contamination en devenant végétarienne. Seuls les zombies mangent encore de la viande d’animaux car c’est la seule nourriture qu’ils sont capables de digérer. 

… et Young Adult…

La thématique du zombie récupérable m’a beaucoup fait penser à la série américaine iZombie de Rob Thomas et de Diane Ruggero – Wright sortie de 2015 à 2019. Erin avait vingt quatre ans quand elle est morte. Elle s’est réveillée à la morgue dans le corps d’un zombie avec toutes ses facultés mentales. Elle a toutefois vu s’opérer quelques changements en elle notamment le fait que son corps respire la santé, sa peau est devenue diaphane, ses pupilles grises plus claires, ses cheveux ont blanchi et elle a une attirance démesurée pour la viande. Un comble puisqu’elle était végétarienne avant sa mort!

Or Erin venait tout juste de rentrer dans l’âge adulte et avait des rêves pleins la tête : elle avait ainsi suivi des études de journaliste pour pouvoir faire le tour du monde en publiant des chroniques. Inutile de vous dire que la pandémie a réduit à néant ses projets tout comme son avenir. La jeune femme se sent donc un peu seule jusqu’au jour où elle perd son carnet de recettes retrouvé par Kyan, un séduisant héritier et orphelin d’origine iranienne. Je dois vous avouer que si la thématique zombie est plutôt bien fouillée et intéressante, la partie romance au contraire ne m’a pas vraiment convaincue. Certains passages me sont apparues très guimauves et mièvres. Dommage.

… très ancré dans les thématiques actuelles. 

Si la partie romance constitue l’un des points faibles de ce roman (enfin, selon mes goûts), il en est tout autre pour ses réflexions sur le monde actuel. En effet, Lydie Wallon a enrichi son texte de thématiques très contemporaines : 

  • Les discriminations envers les minorités : les zombies sont devenues des citoyens de seconde zone. S’ils n’ont pas été exterminés comme dans d’autres pays, ils n’ont pour autant les mêmes droits que les non infectés. Ils sont par exemple relégués dans des quartiers spécifiques, ils n’ont plus le droit de vote, ils sont étroitement surveillés par des médecins et ils occupent des emplois précaires, inintéressants et sous-payés. Pire après la soirée d’Halloween, tous les zombies sont devenus persona non grata en France et sont menacés d’extinction. 
  • Le réchauffement climatique et la condition animale : on ne sait pas vraiment quelle est l’origine de la pandémie si ce n’est qu’elle a infecté la viande. Les théories vont donc bon train (cela vous rappelle quelque chose?) : cela va de la faute des industriels aux dirigeants qui veulent restreindre la population mondiale. Cette pandémie aurait donc eu pour principaux effets de réduire considérablement l’impact de l’Humanité sur l’environnement mais aussi l’exploitation animale. En effet, seuls les zombies consomment désormais de la viande. 
  • Le sexisme et le patriarcat sont également dénoncés par l’autrice que ce soit par la crainte d’Erin de rencontrer pour la première fois Kyan car elle craint d’être agressée, le patron du jeune homme, Mr Dieu qui n’hésite pas à exercer son emprise sur ses employées ou les douaniers qui agressent sexuellement l’une des compagnes d’infortune d’Erin. 

En conclusion, Veggy vs Zombies de Lydie Wallon est un roman one shot très maîtrisé : son univers développé est riche, son intrigue haletante et sans temps morts, ses personnages bien écrits, sa plume fluide et agréable à lire et les thématiques abordées s’inscrivent parfaitement dans notre actualité. Seul petit bémol pour moi, l’aspect romance n’est vraiment pas ma tasse de thé d’autant plus que j’ai trouvé ces quelques passages un peu mièvres. Bref, ce roman saura toutefois séduire la génération qu’elle vise.

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